Parler français implique nécessairement de pratiquer sa prononciation. Quoi de plus frustrant que de tenter de communiquer mais qu’en dépit de tous ses efforts et de son grand savoir lexical et grammatical, on ne parvienne à se faire comprendre ! Venez découvrir dans notre article les spécificités des voyelles nasales du français, phonèmes caractéristiques de la phonétique de notre belle langue pour pouvoir vous livrer à des conversations à bâtons rompus avec des natifs sans difficulté !

La particularité des voyelles nasales du français.

Peu connus des apprenants, ces fameux phonèmes ne trouvent pas toujours grâce à leurs yeux. Et pourtant ! Je raconte toujours cette anecdote qui prouve l’impact et l’importance qu’a la réalisation correcte de ces sons : un ami britannique m’a annoncé un beau jour qu’il avait un cancer. Face à mon choc et à ma tristesse, celui-ci m’assure que je peux me joindre à lui si je le souhaite, mais qu’il ne me l’avait pas proposé car il ne me pensait pas intéressée par le jazz. Aaah ! Un CONcert.

Les voyelles nasales : une définition par la discrimination contrastive

Voyelles nasales : quésaco ? Elles sont au nombre de quatre en français. Cependant, l’une d’entre elles ne se prononce plus que dans le sud de la France et maîtriser les trois plus courantes suffisent pour pouvoir produire des énoncés compréhensibles par tous les francophones.

• Noté /ã/ dans l’alphabet phonétique international (api), ce son se prononce en ouvrant grand la bouche à la verticale comme si une catastrophe venait de se passer (il faut visualiser le tableau “Le cri” de Munch), comme un ‘A’, puis l’on fait passer l’air par le nez, c’est la nasalisation. Il peut s’écrire :
o ‘an’ comme maman
o ‘am’ comme chambre
o ‘en’ comme vent
o ‘em’ comme ensemble
o ‘aon’ comme paon

• Noté /ɛ̃/ en api, ce phonème se réalise en faisant un grand sourire, cette fois-ci, on ouvre la bouche à l’horizontal, on s’imagine prononcer un ‘I’, puis on fait passer l’air par le nez : on nasalise. Il peut s’écrire :
o ‘in’ comme matin
o ‘im’ comme impossible
o ‘yn’ comme synthèse
o ‘ym’ comme symbole
o ‘ain’ comme châtain
o ‘aim’ comme faim
o ‘ein’ comme plein
o ‘(i)en’ comme chien*

• Noté /õ/ en api, cette voyelle nasale se prononce en fermant presque complètement la bouche comme pour prononcer un ‘O’ fermé, puis on fait passer l’air par le nez (toujours cette fameuse nasalisation). Elle peut s’écrire :
o ‘on’ comme dans ballon
o ‘om’ comme dans ombre

• Noté /œ̃/ en api, ce phonème n’est prononcé plus que dans le sud de la France. Pour le prononcé, il faut s’imaginer prononcer un ‘E’ que l’on nasalise. Dans le reste du pays, les mots qui contiennent cette voyelle nasale sont prononcés comme un /ɛ̃/. Elle s’écrit :
o ‘un’ comme brun
o ‘um’ comme parfum
* La graphie ‘en’ se prononce /ɛ̃/ uniquement quand il y a un ‘i’ devant comme chien, politicien, collégien ou un ‘é’ comme européen, méditerranéen, lycéen.

Jouer avec les sons

Après la théorie, place au jeu ! Voilà une question qui devrait intéresser toutes les personnes qui ont pour objectif de mettre en pratique ces concepts avec des activités ludiques. Voici une série d’exercices faciles pour permettre l’assimilation de ces notions.

• Tout d’abord, il est nécessaire de distinguer les sons les uns des autres : c’est la discrimination auditive. On peut donc proposer des dictées de paires minimales dans un premier temps. Les paires minimales sont des mots qui ne diffèrent que d’un seul son. Se concentrer sur des mots courts permet une distinction claire du son étudié. On peut ensuite procéder à une lecture des mots qui contiennent le même phonème puis des paires minimales.

• On peut ensuite proposer de très courts textes qui contiennent beaucoup de voyelles nasales. Il faut alors repérer les voyelles nasales en soulignant les ã, encadrant les ɛ̃ entourant les ɔ̃. On peut enfin passer à la lecture du texte en étant très attentif à la prononciation des voyelles nasales.